La Chine e(s)t le monde – Essai sur la sino-mondialisation

Boisseau du Rocher Sophie & Dubois de Prisque Emmanuel (2019). La Chine e(s)t le monde – Essai sur la sino-mondialisation, Editions Odile Jacob, Paris, 298 p.

L’ouvrage porte sur l’impact que peuvent avoir les Chinois sur les valeurs et principes qui fondent nos sociétés. L’influence croissante de la Chine est bien rendue. Les auteurs offrent une revue systématique, analytique et en profondeur de tous les compartiments de jeu où les Chinois pourraient porter atteinte à nos valeurs et à nos croyances. Ils montrent comment la Chine transforme l’espace mondial, remodèle le système à son avantage. Alors que le dépassement économique des Etats-Unis est en marche, que le dépassement militaire pourrait survenir, le risque est que les valeurs chinoises s’imposent à la surface du monde. D’où la question : sommes-nous prêts à laisser le monde être façonné par un régime autoritaire ?

Les auteurs relèvent les abus du discours des dirigeants chinois et les failles conceptuelles de leur raisonnement. L’une des thèses importantes de l’ouvrage est que le pouvoir chinois se pose en détenteur de la vérité. Les auteurs accordent une fonction performative au discours du gouvernement chinois, ou en d’autres termes ils suggèrent que la vérité est un effet du discours politique – ce sont les dirigeants qui « produisent de la vérité » à travers leurs discours.

Le chapitre sur l’Initiative Ceinture-Route montre que ce projet a une vocation qui n’est pas seulement économique, mais aussi militaire. Pour les auteurs, ce projet est plus guidé par l’agenda géopolitique de la Chine que par les besoins économiques du pays. Avec la BRI, les Chinois veulent une mondialisation aux caractéristiques chinoises. De plus, ce sont d’abord les entreprises chinoises qui profitent du projet, les entreprises locales sont au mieux sous-traitantes. C’est a minima un moyen de pousser les valeurs chinoises à travers le monde.

Les auteurs offrent une lecture fine et critique des choix politiques chinois. Ils rappellent toute l’ambiguïté des positions prises par les Chinois en mer de Chine du sud. Le texte est très bien écrit, avec un vocabulaire riche et précis. Petit bémol : les deux premiers chapitres offrent un aperçu historique sur les décisions de Deng Xiaoping, de Zhu Rongji, puis de Jiang Zemin. L’histoire est survolée à grande vitesse ; et le cas de Huawei arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.

 

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Doing Business With China

Doing Business in China (2020 Jan 29)

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Les leviers de l’engagement

Raphaël H. Cohen, Les leviers de l’engagement, Editions Eyrolles, 2020, 214 pages.

Raphaël Cohen a roulé sa bosse dans beaucoup de pays, travaillé pour de multiples secteurs d’activité et conseillé de très nombreux dirigeants. L’auteur s’attaque aux ressorts psychologiques et à l’alchimie des relations entre leader et subordonnés. Il offre un éclairage sur le concept de leadership en combinant rigueur académique et pratique sur le tas des concepts développés. Il suggère quelques repères dans un champ éminemment complexe. La lecture de son ouvrage est à recommander à toute personne qui a des responsabilités hiérarchiques et qui veut renforcer son leadership ; l’ouvrage est inspirant pour les dirigeants mais aussi pour les apprentis dirigeants qui veulent monter en puissance.

L’auteur promeut une forme de leadership qui combine confiance, pérennité, équité et bienveillance. Pour Raphaël Cohen, le leader doit prendre en compte le bien-être de ses collaborateurs et donc consacrer du temps et de l’attention à ceux-ci. Pour être en mesure d’augmenter l’engagement des collaborateurs, ceux-ci doivent avoir confiance dans le leader. L’auteur reconnaît qu’il existe différents styles de leadership et que l’approche est nécessairement contingente : le leadership est différent selon le contexte, i.e. le secteur, les collaborateurs, le pays, ou encore le timing. Il insiste également sur la nécessité de s’attacher, non pas à la réalité, mais à la réalité telle qu’elle est perçue par les collaborateurs – car ce que les individus perçoivent est plus important que le fait brut.

L’ouvrage est ordonné selon une liste de 3 x 18 (54) conseils à l’attention des dirigeants. Il n’offre pas de recette miracle, ni de traitement unique, mais plutôt une réflexion sur les concepts à mobiliser. Plus que de lister une série de recettes toutes faites, l’auteur adopte une approche socratique en listant les questions que le dirigeant devrait se poser. Il attire par exemple l’attention des managers sur les décisions potentiellement néfastes à l’instar des injonctions paradoxales (comme demander de faire plus avec moins). Vous n’allez pas adhérer à tout, mais la lecture du livre amènera le lecteur a minima à se poser des questions sur ses propres pratiques de management des personnes.

C’est un ouvrage court (un peu plus de 200 pages). La rédaction est guidée par des soucis opérationnels et la formalisation de problèmes flous. Le texte est adapté aux cadres d’entreprises, avec moult exemples, cas concrets et encarts où l’auteur propose des actions pratiques. La connexion avec le monde réel passe aussi par une série de courts témoignages qui ont vocation à illustrer le propos. L’écriture est agréable, avec quelques pointes caustiques ; ceux qui connaissent l’auteur ne seront pas surpris des touches humoristiques qui parsèment son ouvrage. Raphaël est aussi quelqu’un de direct. A plusieurs reprises, il l’écrit sans ambages : n’est pas leader qui veut – et si vous n’avez pas le profil, changez de voie. L’auteur peut être à l’occasion sans complaisance – comme lorsqu’il estime artificielles les pratiques managériales qui peuvent accompagner la rédaction de valeurs d’entreprise. S’il fallait adresser une critique à l’auteur, j’aurais aimé que plus de place soit donnée aux forces du marché du travail qui peuvent largement influer sur la faisabilité des recommandations offertes.

 

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Taiwanese Delegation @ Webster University Geneva

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Jolly on China

https://events.webster.edu/event/jolly_on_china?utm_campaign=widget&utm_medium=widget&utm_source=Webster+University%3A+Worldwide+Events#.XhyONshKg2w

 

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Digital Marketing Certificate

Take an appointment: Executive.Education@Webster.ch

Full program: http://www.webster.ch/academics/graduate/brochures/digitalmarketing.pdf

 

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Les leviers de l’engagement

Raphaël H. Cohen, Les leviers de l’engagement, Editions Eyrolles, 2020, 214 pages.

Raphaël Cohen a roulé sa bosse dans beaucoup de pays, travaillé pour de multiples secteurs d’activité et conseillé de très nombreux dirigeants. L’auteur s’attaque aux ressorts psychologiques et à l’alchimie des relations entre leader et subordonnés. Il offre un éclairage sur le concept de leadership en combinant rigueur académique et pratique sur le tas des concepts développés. Il suggère quelques repères dans un champ éminemment complexe. La lecture de son ouvrage est à recommander à toute personne qui a des responsabilités hiérarchiques et qui veut renforcer son leadership ; l’ouvrage est inspirant pour les dirigeants mais aussi pour les apprentis dirigeants qui veulent monter en puissance.

L’auteur promeut une forme de leadership qui combine confiance, pérennité, équité et bienveillance. Pour Raphaël Cohen, le leader doit prendre en compte le bien-être de ses collaborateurs et donc consacrer du temps et de l’attention à ceux-ci. Pour être en mesure d’augmenter l’engagement des collaborateurs, ceux-ci doivent avoir confiance dans le leader. L’auteur reconnaît qu’il existe différents styles de leadership et que l’approche est nécessairement contingente : le leadership est différent selon le contexte, i.e. le secteur, les collaborateurs, le pays, ou encore le timing. Il insiste également sur la nécessité de s’attacher, non pas à la réalité, mais à la réalité telle qu’elle est perçue par les collaborateurs – car ce que les individus perçoivent est plus important que le fait brut.

L’ouvrage est ordonné selon une liste de 3 x 18 (54) conseils à l’attention des dirigeants. Il n’offre pas de recette miracle, ni de traitement unique, mais plutôt une réflexion sur les concepts à mobiliser. Plus que de lister une série de recettes toutes faites, l’auteur adopte une approche socratique en listant les questions que le dirigeant devrait se poser. Il attire par exemple l’attention des managers sur les décisions potentiellement néfastes à l’instar des injonctions paradoxales (comme demander de faire plus avec moins). Vous n’allez pas adhérer à tout, mais la lecture du livre amènera le lecteur a minima à se poser des questions sur ses propres pratiques de management des personnes.

C’est un ouvrage court (un peu plus de 200 pages). La rédaction est guidée par des soucis opérationnels et la formalisation de problèmes flous. Le texte est adapté aux cadres d’entreprises, avec moult exemples, cas concrets et encarts où l’auteur propose des actions pratiques. La connexion avec le monde réel passe aussi par une série de courts témoignages qui ont vocation à illustrer le propos. L’écriture est agréable, avec quelques pointes caustiques ; ceux qui connaissent l’auteur ne seront pas surpris des touches humoristiques qui parsèment son ouvrage. Raphaël est aussi quelqu’un de direct. A plusieurs reprises, il l’écrit sans ambages : n’est pas leader qui veut – et si vous n’avez pas le profil, changez de voie. L’auteur peut être à l’occasion sans complaisance – comme lorsqu’il estime artificielles les pratiques managériales qui peuvent accompagner la rédaction de valeurs d’entreprise. S’il fallait adresser une critique à l’auteur, j’aurais aimé que plus de place soit donnée aux forces du marché du travail qui peuvent largement influer sur la faisabilité des recommandations offertes.

 

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