LE CORRE Philippe & SEPULCHRE Alain (2015). L’Offensive Chinoise en Europe, Fayard, 195 p.

Les auteurs offrent d’abord une mise en perspective de l’engagement chinois en Europe. Le cas de plusieurs pays est examiné et les opérations les plus significatives sont présentées ; des données macro-économiques auraient été les bienvenues. Le second chapitre soutient la thèse d’un « développement tentaculaire » ; c’est une position osée alors que les opérations chinoises commencent tout juste à s’approcher de l’ampleur à laquelle les groupes occidentaux nous ont habitués. Le troisième chapitre éclaire sur les défis posés aux entreprises chinoises qui s’internationalisent et le profil des dirigeants. Les auteurs relèvent que ceux-ci n’ont que peu de points communs avec les dirigeants occidentaux. Incidemment, le traitement de l’innovation aurait sans doute mérité plus qu’une page (p. 93). Le quatrième chapitre examine les stratégies de financement des acquisitions des entreprises chinoises ; on comprend que la dette contractée auprès des banques chinoises joue un rôle clé. La structure du chapitre est très explicite. Le cinquième chapitre est dédié au temps de la négociation et à la mise en œuvre de l’accord conclu ; les Chinois semblent bien préférer garder les rênes sur leurs activités en Europe. Le sixième chapitre porte sur les liens complexes entre politique et business au sein de la République populaire de Chine ; les opérations en Europe des firmes chinoises sont en arrière-plan. Le septième chapitre traite de la Chine vue par des pays étrangers ; le sentiment antichinois peut être fort (et même très fort dans des pays comme la Japon). C’est un défi pour les firmes chinoises à l’étranger.

La vision offerte par les auteurs est globale et holistique. Ils balaient un nombre considérable de cas. C’est un livre court, avec des chapitres courts, écrit dans un langage simple et que se lit donc très rapidement. Les sous-titres dans les chapitres sont souvent sur un ton bien enlevé qui invite à la lecture (les thèmes peuvent à l’occasion être assemblés selon une logique pas toujours explicite). Le style d’écriture est direct. Ces avantages sont cependant contrebalancés par quelques imprécisions résultant de ces raccourcis. Par exemple, les auteurs annoncent (p. 34) que Volkswagen produit en Chine un million de véhicules par an alors que le chiffre est plutôt trois fois supérieur. Ou encore (p. 159), les auteurs affirment que le taux de croissance de l’économie chinoise est à 6,5% depuis 2012 – alors qu’il était à 7,8%. Attention aussi aux lectures ou des conclusions biaisées. Ainsi, le cas de la reprise de Moteurs Beaudoin par Weichai (p. 29) ne peut être mis sur le même plan que l’entrée de Chinois au capital de l’aéroport de Toulouse, ou encore plus de la participation du CIC au capital de GDF Suez Exploration ; les sommes en jeu ne sont pas les mêmes.

 

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A propos dominiquejolly

Dominique R. Jolly (Jolly@Webster.ch) est Professeur de Stratégie d’Entreprise à Webster University, Campus de Genève (Suisse). Il est Directeur de la Walker School of Business and Technology.
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